Botanique : ne confondez plus stellaire et géranium !

Des petites fleurs à 5 pétales plus ou moins échancrés, qui se cachent dans les grandes herbes au bord du chemin en avril-mai ? Sûrement des cousines !

Les stellaires font partie de la famille des oeillets, les caryophyllacées. Dans cette famille, les pétales sont souvent au nombre de 5, bien échancrés. Les feuilles sont pour leur part généralement simples, étroites et opposées, et la tige, cassante. Les fleurs sont souvent en cyme bipare, c’est-à-dire qu’il y a division de la tige en 2 rameaux pour porter les fleurs. Le fruit est une capsule.

Le géranium, lui, appartient aux géraniacées. 5 pétales, 5 sépales, 10 étamines et des feuilles stipulées (c’est à dire qu’elles présentent des petites feuilles à la base du pétiole). Ces feuilles sont souvent velues, à la forme palmée et au découpage plus ou moins profond. Mais ce qui distingue les géraniacées au premier regard, c’est le fruit, en forme de bec long et pointu. D’ailleurs le nom de géranium vient du grec geranos, qui veut dire grue !

Géraniums

Géranium herbe à Robert

L’Herbe à Robert est très courante en Europe, mais aussi en Asie occidentale, en Afrique du Nord et en Amérique du Nord. On peut voir ses petites fleurs roses d’avril à septembre. Le fruit est caractéristique des géraniums, en forme de bec de grue. Les feuilles sont palmées, velues et très profondément découpées, jusqu’à leur base.

L’Herbe à Robert sait s’adapter à de multiples conditions. Par exemple, quand le soleil donne fort, son feuillage devient rouge foncé : cette pigmentation le protègerait des UV !

Cette plante est médicinale, son rhizome notamment a été utilisé pour guérir les blessures (propriétés hémostatiques dues à la présence de tanins).

Fleur du géranium Herbe à Robert en gros plan, pollen sur les anthères

Géranium des Pyrénées

La fleur du géranium des Pyrénées est violette, un peu plus petite que celle de l’Herbe à Robert. Les 5 pétales sont fortement échancrés.

Ce géranium est lui aussi très courant partout en France, mais plus rare dans le Midi.

Ses feuilles sont rondes, à nervures palmées et faiblement découpées (on dit qu’elles sont « orbiculaires et palmatifides », attention je me mets aux mots savants !).

Fleur du géranium des Pyrénées

Stellaires

Stellaire intermédiaire

L’autre nom de la stellaire intermédiaire est mouron des oiseaux, un nom qu’il doit à ses graines très appréciées des oiseaux. On l’avait déjà rencontrée ici.

Minuscules sont ses fleurs blanches à 5 pétales si profondément échancrés qu’ils paraissent être 10. Parfois il n’y a même pas de pétale du tout.

La tige présente une rangée de poils qui est très caractéristique (voir sur la photo ci-dessous). Le fruit est une capsule. Les feuilles sont en forme d’œuf pointu, disposées par deux de part et d’autre de la tige.

Le mouron des oiseaux est connu pour être comestible, il aurait un goût très doux. Attention à ne pas le confondre avec le mouron rouge, qui lui, est toxique.

Fleur et tige de mouron des oiseaux

Stellaire holostée

La stellaire holostée se retrouve en belles touffes blanches au printemps dans les milieux semi-ombragés (haies et sous-bois) partout en France sauf dans le sud. Le reste du temps, elle se fait discrète et étend son territoire au moyen de ses rhizomes.

Elle est connue aussi sous le nom « herbe à la Sainte-Vierge » ou « langue d’oiseau ». Comme bon nombre de caryophyllacées, elle a 5 pétales, des feuilles étroites et opposées et une tige cassante.

Ses pétales sont échancrés sur plus de la moitié de la longueur, ce qui donne l’impression qu’en fait elle en a 10.

Elle peut être consommée en salade mais en faible quantité, car elle est laxative.

Sources

Pacorel, Norbert. « Stellaire holostée, la chlorophylle sur les os », Sauvages du Poitou, 26 avril 2015 [En ligne], https://www.sauvagesdupoitou.com/81/339 [consulté le 12 avril 2026]

Pacorel, Norbert. « Familles de la flore française (Game of Thrones et botanique, épisode 2)», Sauvages du Poitou, 6 octobre 2016 [En ligne], https://www.sauvagesdupoitou.com/88/529 [consulté le 12 avril 2026]

Tela Botanica, Fiche de la stellaire holostée, eFlore, [En ligne], https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-15886-synthese [consulté le 12 avril 2026]

Tela Botanica, Fiche du géranium des Pyrénées, eFlore, [En ligne], https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-75152-synthese [consulté le 14 mai 2026]

Pacorel, Norbert. « Familles de la flore française (Game of thrones et botanique, épisode 4) », Sauvages du Poitou, 15 décembre 2019 [En ligne], https://www.sauvagesdupoitou.com/88/676 [consulté le 14 mai 2026]

Pacorel, Norbert. « Herbe-à-Robert, la diabolique », Sauvages du Poitou, 10 mai 2015 [En ligne], https://www.sauvagesdupoitou.com/57/340 [consulté le 14 mai 2026]

Guillot, Gérard. « Le Géranium Herbe-à-Robert », Zoom Nature, non daté [En ligne], https://www.zoom-nature.fr/lherbe-a-robert/ [consulté le 14 mai 2026]

Pacorel, Norbert. « Mouron des oiseaux: aussi bon cru que cui-cui! », Sauvages du Poitou, 16 avril 2017 [En ligne], https://www.sauvagesdupoitou.com/83/320 [consulté le 14 mai 2026]

Tela Botanica, Fiche du Géranium Herbe à Robert, eFlore, [En ligne], https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-30044-synthese [consulté le 14 mai 2026]

S.G. Fleischhauer, J. Guthmann et R. Spiegelberger, Plantes sauvages comestibles, Ulmer, « Vieilles racines et jeunes pousses », 2018, 256 p.

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