Cuisiner zéro déchet : un exemple avant / après

On commence aujourd’hui par un exemple concret. Voici une photo d’une session de batch-cooking récente :

On a là :

de la salade verte avec de la vinaigrette🥗

une tarte tomate-champignon 🍕

un gratin pommes de terre-courgettes 🍲

une sauce tomate aux épinards 🍅

une soupe de légumes 🥘

des radis

Dans cet article, je vous propose :

  • un petit voyage dans le temps pour voir comment ça se serait passé du côté de ma poubelle il y a 10 ans, avant ma transition au zéro déchet
  • puis retour au présent pour vous montrer ce qui se passe aujourd’hui
  • ensuite nous listerons mes axes d’amélioration !

A noter : par « poubelle », je désigne tout ce qui collecte du déchet non réemployable et non compostable. Ce terme englobe donc la poubelle à ordures ménagères, mais aussi le bac des recyclables, le bac de verre et le bac de papier. Parce qu’un déchet recyclable, c’est un déchet. On dépense une énergie et des sommes folles pour le produire, le collecter, le transporter, le transformer, le remettre sur le marché et enfin, dans la majorité des cas, collecter le déchet ultime qui en résulte à la fin de la chaîne. Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas (ou qu’on peut rendre à la terre !).

Avant ma transition zéro déchet :

Avant, j’aurais pris les légumes au supermarché : ma poubelle aurait recueilli les sacs et étiquettes de pesée, le sac des pommes de terre, le sachet de la salade et celui des herbes aromatiques.

Mes épices et aromates auraient été achetés en pot sous une forme moulue et pareil pour l’ail. Au bout d’un moment j’aurais donc inévitablement jeté les pots à la poubelle.

J’aurais acheté la pâte à tarte toute faite et emballée, donc : carton + papier sulfurisé, parfois même un emballage plastique en plus. J’aurais pris des champignons en conserve. Les œufs auraient été en boîte cartonnée à usage unique et la crème en pot plastique –> encore des emballages pour la poubelle.

J’aurais pris le fromage râpé du gratin en sachet. Je pense même que j’aurais acheté le gratin tout fait, surgelé et suremballé. –> oui, oui, encore des emballages jetables.

La vinaigrette aurait été faite à partir d’ingrédients en pots et bouteilles à usage unique (huile, vinaigre, moutarde), ou alors achetée toute faite : pots et bouteilles auraient finis, comme les pots d’épices, par atterrir… ben oui, dans la poubelle.

Aujourd’hui, après ma transition zéro déchet :

Pour les légumes, il n’y a que les étiquettes de pesée qui font de la résistance en termes de déchet. Je prends au magasin de légumes l’ail et les champignons. Les herbes proviennent du jardin.

J’achète mes épices et aromates en vrac.

Nous faisons nos pâtes brisées nous-mêmes, donc il n’y a plus l’emballage du rouleau de pâte. La farine est en vrac. Par contre, il y a toujours l’emballage du beurre, quand nous la faisons à partir de beurre et pas d’huile. Nous n’utilisons pas de papier sulfurisé lors de la cuisson, nous huilons et farinons le plat. Les œufs et la crème sont achetés en vrac.

Le fromage est acheté à la coupe et râpé par la fromagère. Le gratin est toujours fait maison, nous avons complètement perdu l’habitude d’en acheter du tout prêt.

Enfin, la moutarde et le vinaigre sont achetés en vrac et l’huile est en bouteille de verre consignée.

Bilan ! 🧐

AvantAprès
Etiquettes et sacs de pesée des légumes
Brique carton de tomates concassées
Brique carton de sauce tomate
Sac de pommes de terre
Papier sulfurisé
Sachet de salade
Sachets des herbes
Pot des épices
Carton d’emballage de la pâte à tarte
Boîte de conserve des champignons
Pot de crème en plastique
Boîte carton des oeufs
Emballage du gratin surgelé
Pot de moutarde
Bouteilles d’huile/vinaigre
Etiquettes de pesée des légumes
Brique carton de tomates concassées
Brique carton de sauce tomate
Emballage du beurre

Comment faire encore mieux (et pourquoi je ne le fais pas)

Il y a des actions relativement simples qui sont possibles pour éliminer les 4 derniers déchets qui font de la résistance. J’ai d’ailleurs longtemps appliqué la première.

Action n°1 : la pesée en caisse

Pendant des années, j’ai fait mes courses directement chez un maraîcher local. La pesée se faisait en caisse, simple, efficace, pas d’étiquette, youpi. Aujourd’hui j’ai changé de fournisseur pour mes légumes, pour de bêtes raisons de logistique. En effet, depuis que je dois récupérer mon enfant le soir, je n’ai tout simplement plus le temps de faire le petit détour permettant de passer chez le maraîcher en sortant du travail. Je me fournis désormais dans un magasin bio, pile sur le chemin du retour. J’utilise une cagette et je colle les étiquettes dessus, mais bah… y a des étiquettes quoi.

Action n°2 : faire ses propres conserves de tomates

Cette action nous permettrait de ne pas avoir à acheter de tomates concassées ni de purée de tomate. Là, c’est clairement le manque de temps, et aussi un peu de manque de matériel et de savoir-faire qui est en cause. Peut-être que cet été, je m’y mettrais. Je rêve d’une belle étagère de conserves maison dans mon garage^^. C’est le moment de balancer tous vos conseils à ce sujet en commentaires ! 🙂 En attendant, la solution que nous appliquons, c’est d’en consommer le moins possible, et quasiment jamais pendant la saison des tomates.

Action n°3 : réduire la consommation de beurre

Le beurre peut être remplacé par l’huile dans un certain nombre de recettes, en particulier dans les pâtes brisées et dans les gâteaux. Nous le faisons, mais assez rarement finalement. C’est une question d’habitude et aussi de préférence culinaire. On peut aussi remplacer le beurre par de la compote de pomme, de la banane, de la purée de courge ou d’oléagineux… mais tous ces substituts ont un goût prononcé que nous n’apprécions pas toujours, sans parler du temps qu’il faut pour les préparer maison.

Actions non envisageables à ce stade :

On pourrait aussi penser à faire son propre beurre, devenir auto-suffisant en légumes, aller directement cueillir les fruits et légumes plutôt que de les prendre en magasin… Mais j’ai parlé d’actions simples. J’ajouterais que ces actions doivent être durables, c’est-à-dire qu’elle doivent devenir des habitudes. Et pour cela, il faut qu’elles soient adaptées à mon mode de vie actuel. Mode de vie dans lequel il n’y a pas de temps ni d’argent pour faire mon propre beurre, pas de temps ni de terrain pour être auto-suffisant, et pas de cueillette suffisamment proche pour dire d’y aller toutes les semaines.

En conclusion

A ce stade, vous avez sans doute envie de me dire que décidément, zéro déchet ça prend du temps et de l’organisation. Je vous réponds sans langue de bois : oui !

Oui, zéro déchet, ça prend du temps ! En cuisine surtout, et aussi pour les courses (voir ici un aperçu de l’organisation des courses). Mais les bénéfices sont nombreux, et je ne reviendrai pas en arrière ! On verra pourquoi dans un prochain article.

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