L’ancienne centrale

Un peu de patrimoine industriel aujourd’hui sur le blog ! Au début du printemps 2019, mon amoureux et moi avons profité des portes ouvertes d’une centrale de production d’électricité au charbon pour aller observer ses installations. Ou tout du moins, ce qu’il en restait, puisque cette centrale a été arrêtée en 2015, il y avait donc déjà quatre ans. Elle est en démantèlement. Objectif : retour à l’herbe, c’est-à-dire que tout doit être déconstruit et dépollué, de la cheminée jusqu’à plusieurs mètres au-dessous du sol. Les travaux ont déjà commencé : l’alimentation électrique a été coupée, les transformateurs sont déjà partis, le parc à charbon est bien sûr totalement vide. Je vous emmène ?

Par un beau soleil printanier, nous nous garons sur le parking de la centrale, accueillis par les panneaux « stationnement en marche arrière obligatoire ».
Le portier vérifie nos identités et nous voilà dans un petit hall d’exposition, où l’histoire de la centrale est retracée en panneaux et en objets divers. Le guide conférencier nous réunit devant une courte introduction power point, puis nous partons pour la visite à la suite d’un agent de la centrale, aujourd’hui affecté à la post-production.

Les bureaux sont vides et sombres. L’alimentation électrique n’a en effet été conservée que pour les postes spécifiques au démantèlement.

La salle des machines… que c’est calme. On est loin de la chaleur et du bruit d’une salle des machines en fonctionnement ! Les turbines sont à l’arrêt, les peintures s’écaillent, les tuyaux prennent la poussière… On voit encore les panneaux d’identification des vannes et des appareils de mesure, les dates de changement des tuyauteries à même le matériel, la signalétique des zones ATEX (zones à risque d’explosion), les rappels concernant le port des protections antibruit. Mais la chaudière est éteinte et l’alimentation en charbon est immobile. Rien ne bouge qu’un peu de poussière noire à notre passage dans les escaliers à caillebotis.

La salle de commande… que c’est triste. On voit écrits sur les pupitres les souvenirs de l’équipe de conduite qui a fait les dernières heures de production. Un peu comme des messages sur le livre d’or du départ en retraite de la grande machine : « Plus que quelques heures avant dernier découplage… Adieu Vieille bécane ! » ou « Mon dernier quart. Bon vent à tous ». Mon cœur d’ingénieure se serre un peu.

Un petit tour des installations extérieures : parc à charbon, station de déminéralisation, quai de déchargement des camions… Les abeilles butinent les fleurs qui poussent sur les rails abandonnés, les faucons tournent autour de la cheminée. Retour à l’herbe… c’est bien parti.

La petite info

La façon la plus courante de produire de l’électricité, c’est de faire tourner un aimant (rotor) dans une bobine de fils électriques (stator) : rotor et stator constituent l’alternateur. On transforme donc de l’énergie mécanique en énergie électrique. Pour cela on peut utiliser la force du vent (éoliennes), de l’eau (barrages), ou encore celle de la vapeur. Dans ce dernier cas, il faut produire de la vapeur, donc chauffer de l’eau. La chaleur dont on a besoin pour chauffer l’eau peut être produite, par exemple en cassant des atomes (c’est ce qui est fait dans les centrales nucléaires), ou en brûlant du gaz, du bois, du fioul ou du charbon. Dans le cas où on brûle un combustible, l’émission de gaz à effet de serre est bien plus élevée pour le charbon que pour les autres combustibles(1), ce qui explique que dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, on cherche à fermer ou reconvertir les centrales au charbon. En France, il n’en reste que 4 en activité actuellement(2).

Sources

(1) Schlömer S., T. Bruckner, L. Fulton, E. Hertwich, A. McKinnon, D. Perczyk, J. Roy, R. Schaeffer, R. Sims, P. Smith, and R. Wiser, 2014: Annex III: Technology-specific cost and performance parameters. In: Climate Change 2014: Mitigation of Climate Change. Contribution of Working Group III to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Edenhofer, O., R. Pichs-Madruga, Y. Sokona, E. Farahani, S. Kadner, K. Seyboth, A. Adler, I. Baum, S. Brunner, P. Eickemeier, B. Kriemann, J. Savolainen, S. Schlömer, C. von Stechow, T. Zwickel and J.C. Minx (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA

(2) EDF, « Le thermique à flamme en chiffres » [En ligne], https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/produire-de-l-electricite/le-thermique-a-flamme-en-chiffres (consulté le 18 avril 2020)

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