Vacances en Lorraine, épisode 1 : Meuse, Pierre-Percée et Saulnois

Pour cet été, mon amoureux et moi avions envie de partir à la montagne. Dans les Alpes, faire de la randonnée, voir les marmottes et manger des myrtilles… Un coronavirus plus tard, devant la situation sanitaire encore incertaine, nous avons finalement décidé de rester chez nous, en Lorraine. L’occasion de profiter vraiment de notre région, même si nous avons évité les lieux clos ou susceptibles de rassembler trop de monde à mon goût, comme les musées, les thermes, ou encore les plages de nos grands lacs. Nous avons donc principalement pratiqué la randonnée. Ça tombe bien, nous aimons ça (et il a fait beau) ! Je vous raconte ?

Coup de chaud dans la Meuse

Pour notre première balade, nous avons choisi la Meuse, et plus précisément les côtes de Meuse.

C’était un jour de grosse chaleur et je n’étais pas sortie me dépenser depuis longtemps, alors physiquement ça m’a paru difficile. Tout d’abord nous avons visité Hattonchâtel : petit village mais riche et étonnant patrimoine. J’ai beaucoup aimé déambuler dans ses ruelles, admirer le cloître en pierres claires, et puis l’école néogothique. Je n’avais jamais vu de gargouilles sur la façade d’une école moi (si on excepte Poudlard évidemment). Au bout du village se trouve un château fort quasiment neuf, car reconstruit dans les années 1920, par la bienfaitrice américaine du village, Miss Skinner, à qui on doit aussi l’école.

Situé en hauteur, Hattonchâtel offre en plus un panorama grandiose sur la plaine de la Woëvre et notamment le lac de Madine, où nous apprécions toujours d’aller faire un tour, c’est un lieu très agréable, il y flotte un air de vacances avec le port de plaisance et la plage.

Ensuite, nous avons un peu erré au nord de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, pour le seul plaisir de rouler dans les paysages typiquement lorrains. Vergers de mirabelliers et vignes se disputent les côtes de Meuse. S’il n’y a pas de confinement en avril l’an prochain, j’irai shooter les vergers de mirabelliers en fleur, maintenant je sais où aller !

Et pour l’après-midi, nous avions prévu une randonnée en forêt, sur le site de Vent des Forêts. Il s’agit de sentiers forestiers jalonnés d’œuvres contemporaines.

La balade a assez mal commencé. Nous avons d’abord eu du mal à trouver le point de départ, il faut dire que nous n’avons pas souhaité entrer à l’accueil demander une carte ou des renseignements (je suis d’une prudence covidienne un poil exigeante). Donc nous avons fondé tous nos espoirs sur l’application, qui ne fonctionne malheureusement pas du tout hors ligne, ce qui aurait pu être utile dans ce bel endroit à la couverture réseau intermittente. Puis nous sommes arrivés au plus fort du soleil de midi et notre pique-nique avait quasiment fondu (je vous épargne la photo, il vous suffit d’imaginer un cake au chèvre et aux lardons qui prend l’aspect d’une piémontaise dégoulinante, oui ce genre de chose est possible). Mais nous avions faim alors nous l’avons avalé prestement quand même, avant de céder à l’appel de la longue sieste dans la voiture à l’ombre, incapables que nous étions de mettre un pied devant l’autre sous un tel cagnard.

Heureusement la suite se déroule mieux et nous avons finalement parcouru les 8 kilomètres du circuit des Trois Fontaines, qui nous a révélé des œuvres étonnantes bien qu’un peu vieillissantes tout en nous promenant dans la grande forêt meusienne et en lisière de prairie. Les œuvres qui m’ont le plus parlé sont Exode, de Joël Thépault, Champignons, d’Abdul Rahman Katanani et Enraciné, de Douglas White. J’ai bien aimé aussi Les Cent Ciels plantés, de Denis Malbos, mais le temps qui passe a terni le bleu de l’oeuvre, ça fait sans doute partie du concept, n’empêche que j’ai trouvé ça dommage, j’aurais aimé la voir à son installation. Je vous laisse découvrir ces œuvres et bien d’autres sur le site de Vents des Forêts, ou aller les voir en vrai si vous passez par là.

Ensuite, nous avions dans l’idée d’aller admirer le coucher de soleil à Madine mais, fourbus, nous avons préféré rentrer à la maison employer la soirée à récupérer doucement de notre folle équipée.

Bol d’air à Pierre-Percée

Pierre-Percée est un village de Meurthe-et-Moselle niché au creux d’une vallée typique des Vosges du Nord. Du grès rose, des hauts sapins, un château en ruine et, bien sûr, un lac. Mais pas n’importe quel lac ! Le lac de Pierre-Percée est un lac artificiel certes (il est la retenue d’un barrage EDF), mais il a une forme follement sauvage de feuille d’érable. D’ailleurs, les sapins qui le bordent de tous côtés lui donne des airs de lac canadien. Il est interdit de s’y baigner. Mais pour les amateurs d’activités aquatiques ou de sensations fortes, sachez qu’on trouve sur le bord du lac un parc aventures (avec saut à l’élastique, très prisé pour les enterrements de vie de garçon par exemple !) et qu’une base de loisirs (kayak, pédalo, toboggans aquatiques, etc.) est installée sur les rives du lac Celles-sur-Plaine, juste à côté.

Le lac de Pierre-Percée était très bas en cette fin juin, mais nous avons quand même pu apprécier la beauté du paysage. Ce n’était pas encore les vacances et nous étions en semaine, alors ce n’était pas trop fréquenté. Le long du lac, le grès rose fait parfois penser à la Côte de Granit rose, en Bretagne. Le sable du chemin est rose, c’est original et ça donne le moral. Nous avons marché plusieurs heures. Au bord du lac d’abord, puis nous nous sommes enfoncés dans la forêt, entre champignons, myrtilles et digitales. Ca sentait le pin, pour moi c’est clairement l’odeur des vacances, ça me rappelle les pins vendéens et les mélèzes des Alpes. Dans la forêt nous avons pu voir des roches aux formes étonnantes : les roches de la Xaveure. La plus étonnante est sans doute celle en forme de tête d’éléphant, qui se dresse telle l’entrée d’un temple khmer au milieu de la jungle.

Presque à l’heure bleue, nous sommes montés au château de Pierre-Percée. Il n’en reste pas grand chose, la moitié d’un donjon, mais la vue y est superbe sur le lac et le village. Et puis vous pouvez y percer (hihi) le mystère du nom de ce village : au XIIe siècle, un puits de 100 pieds de profondeur fut creusé dans l’éperon rocheux qui supportait le château. Cette prouesse pour l’époque a laissé son souvenir dans le nom du lieu, et on peut voir l’entrée du puits quand on se balade sur le site du château.

L’heure bleue, c’est très chouette pour les photos et les mots d’amour, mais c’est aussi l’heure à laquelle les moustiques sortent, alors vite, un dernier regard au lac, un passage dans le charmant village, et on rentre à la maison !

Vieilles pierres dans le Saulnois

Enfin une balade sous la pluie, digne de vacances lorraines !

Par une pluvieuse journée d’été donc, nous sommes rendus dans le Saulnois. Il s’agit d’un territoire du sud de la Moselle aussi appelé « pays du sel » en raison justement de la présence dans son sol d’un grand gisement du précieux minéral, exploité ici depuis l’âge du Bronze jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Le sel était par le passé un des seuls moyen de conserver les aliments, il était donc une ressource particulièrement précieuse, on le surnomme même parfois l’or blanc. Mais d’où vient donc ce sel, dans ce petit bout de Lorraine situé à des centaines de kilomètres de la mer la plus proche ? De l’évaporation sous climat chaud de l’océan qui couvrait cette zone il y a plusieurs centaines de milliers d’années. L’océan était peu profond ici, l’évaporation s’est faite « rapidement » et a laissé une grosse couche de sel gemme, aujourd’hui enfouie sous les sédiments qui se sont déposés au fil des millénaires.

Nous avons commencé notre périple en Saulnois par la visite du charmant village de Vic-sur-Seille. Nous avons suivi le parcours historique au coeur de la cité. Nous avons ainsi pu flâner dans des ruelles étroites, découvrir les grandes caractéristiques de l’architecture Renaissance, appris ce qu’étaient des chasse-roues, des fenêtres à meneaux et des mâchicoulis, et rencontré saint Martin au hasard d’une niche dans une façade (on dirait un exhibitionniste, mais en fait il s’agit bien d’une représentation du saint homme en train de partager son manteau avec un miséreux).

Il y a de très beaux bâtiments à Vic-sur-Seille, comme l’Hôtel de la Monnaie et les maisons à colombages. De-ci de-là, on enjambe la Seille, qui paraît si calme et si bucolique et qui pourtant, on le sait, saura envahir toute une vallée à sa prochaine crue. Malgré la petite pluie fine, j’ai été séduite par ce village. On peut y voir aussi la (probable) maison où naquit le peintre Georges de la Tour, un grand maître du clair-obscur. Un musée porte son nom mais je n’ai pas eu l’occasion de le visiter.

La seconde étape de notre périple en Saulnois était Marsal. Ici, la couche de sel est à 50 m seulement sous la surface. Quand il pleut, les eaux s’infiltrent et se chargent de sel, puis ressurgissent en sources et mares salées.

Un sentier de découverte permet de parcourir la mare salée de Marsal, entre les roseaux et les guimauves. On peut y voir de la salicorne et des insectes typiques d’un bord de mer, mais je n’ai pas réussi à les identifier. La courte balade est charmante. Nous avons été accueillis par un troupeau de vaches curieuses, ce qui a ajouté un peu d’animation à la promenade.

Ensuite notre projet était de visiter le village, véritable place forte Vauban, mais la pluie s’est mise à tomber dru sans espoir d’accalmie, alors… nous sommes rentrés. Sachez qu’à Marsal se trouve le Musée du Sel. Il a l’air très intéressant et je pense que je reviendrai le visiter, en même temps que le village, un jour où la météo sera meilleure !

A bientôt pour l’épisode 2, encore plus de nature et de vieilles pierres sont au programme !

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