I don’t love Paris

Quoi ? T’es Française et t’aimes pas Paris ? Non Paris, je ne t’aime pas. Aidez-moi ! Faites-moi aimer Paris ! Dites-moi pourquoi cette capitale fascine autant, pourquoi les acteurs américains s’exclament toujours « Oh I love Paris ! », pourquoi les étudiants russes considèrent que c’est l’accomplissement ultime de vivre à Paris, pourquoi les touristes asiatiques adooorent Paris !

Bien sûr, il y a l’Histoire, avec les révolutions et les Lumières avant elles. Il y a le bouillonnement culturel depuis toujours et encore aujourd’hui, la mode, les spectacles, les expositions qu’on ne voit que là-haut. Le faste de l’architecture des grands bâtiments. Et aussi une multitude de livres, de films, de photographies qui font voir un Paris de légende, à travers le monde entier. Je sais bien.

Mais moi, je n’aime pas Paris. J’en admire certaines facettes bien sûr. Mais quand je vais à Paris, c’est souvent pour y vivre des moments un peu stressants, ou juste pour un changement de train. Quand je vais à Paris, je prends le métro bondé et malodorant, je vois les sans-logis couchés sous les piliers de la gare de Lyon, je vois les types en costume-cravate qui courent à la Défense sans penser à lever la tête une seconde de leur téléphone, je vois les petits enfants agglutinés dans des squares surpeuplés, je vois des tags et des HLM gris ou délabrés. J’entends le bruit de la circulation infernale, je sens l’odeur d’urine ou de joint dans la moindre rue un peu mal éclairée, je touche les autres dans le métro sans avoir le choix de ne pas le faire…

Même quand c’est pour une occasion un peu plus agréable, comme assister à une remise de diplôme ou visiter un membre de la famille, je vois tout cela. Je n’arrive pas à aimer Paris. Cette ville m’épuise. Comment font ceux qui y vivent ? Heureusement que j’y ai échappé en début de carrière (mes études m’y conduisaient tout droit).

Mais même pour le tourisme, je n’aime pas Paris. Et vous ? Amour fou ou amour vache avec la plus belle ville du monde ? A vos claviers !

10 commentaires sur “I don’t love Paris

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  1. J’y ai vécu d’août 86 à août 2008, la première année dans un hôtel qui louait ses chambres au mois, dans le 20e, sans possibilité de faire la cuisine autrement qu’au thermoplongeur (je n’ai jamais autant mangé d’œufs à la coque de ma vie, heureusement qu’il y avait d’excellents commerces de bouche dans le quartier, ils m’ont manqué quand je l’ai quitté) qu’il ne fallait surtout pas laisser dans son armoire sous peine de confiscation, toilettes sur le palier et douche à la gare. Ensuite j’ai pu avoir un studio de 18m² dans le 5e grâce à une connaissance de boulot.

    J’ai adoré la découverte de la capitale, aimé la vie culturelle, du moins celle qui était à mon goût et pas forcément celle qui fait la réputation du Paris mondialement connu où je n’avais pas, ni les codes, ni les entrées, ni le bon dressing ! J’ai soigneusement évité les pièges à touristes. Mais avec le boulot, les heures dans les transports quand ils ne sont pas en grève, tu ne profites pas de toutes les opportunités. Impossible aussi de lier connaissance avec des vrais parisiens, ils te snobent, alors tu rencontre des expatriés qui ont, comme toi, succombé au mirage… puis quand ils s’en vont, un jour, parce que ce n’est pas la vraie vie, tu réfléchis à ce que deviendrait la ville-lumière si tous les industrieux décidaient de laisser les parisiens seuls, se débrouiller entre eux, sans éboueurs pour vider leurs poubelles, ni serveurs dans les cafés et restaurants, vendeuses dans les grands magasins…

    Et le jour où tu en arrives à la conclusion que pour y vivre, il faut être jeune, riche et beau… tu fais tes valises et tu recommences enfin à appeler chocolatine la viennoiserie avec une barre de chocolat qu’ils appellent pain au chocolat ! Sans regret ! 😉

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    1. Ah tu sais moi j’appelle ça aussi un pain au chocolat (par contre la viennoiserie en forme d’escargot qu’ils appellent pain au raisin, j’appelle ça un schneck. Je suis excusée ? ;-)).

      Merci pour ce commentaire et ce retour d’expérience ! La vie parisienne me paraît rude, trop rude en tout cas pour mon caractère (calme, lent, introverti, nature…tout ça tout ça). J’aurais vraiment eu du mal à supporter, et je ne pense pas que j’aurai eu envie d’y fonder une famille. Sans regret non plus de mon côté !

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  2. J’aime Paris à petite dose…
    Pourtant, j’ai habité en toute petite couronne (au point où je pouvais aller dans Paris à pied) 2 ans et j’ai apprécié : pour la richesse des musées et des expos où j’étais tous les WE, pour l’architecture, pour l’effervescence culturelle, pour la diversité des possibilités… Mais j’ai aimé déménager en grande couronne avec les bois à côté de chez moi (et j’ai alors beaucoup moins souvent mis les pieds dans Paris même).
    Puis, je suis partie de la région parisienne sans regrets. J’ai régulièrement l’occasion de venir à Paris, pour le travail ou pour le tourisme. J’y profite de ce que j’y appréciais : les musées, les expos, les spectacles, l’architecture, … Mais j’aime surtout m’y promener en dehors des quartiers fréquentés ou alors à des heures inhabituelles, quand les rues sont désertes ou presque : Paris très tôt le matin ou la nuit, c’est mon Paris préféré !

    (et pour ce qui est du métro, ma foi, Lyon n’est pas vraiment mieux… )

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    1. Merci pour ce commentaire, Ma’ ! Justement je me demandais encore il y a quelques jours quel pouvait être le pourcentage de Parisiens vraiment heureux de vivre à Paris. J’en étais venue à la conclusion très basique et tout à fait estimée au doigt mouillé que plus on s’éloigne de Paris intra-muros, plus ce pourcentage doit être faible.

      C’est vrai que l’effervescence culturelle, ce doit être quelque chose ! Je n’ai jamais connu alors ça ne me manque pas vraiment, mais je pense qu’avoir un genre de « pass année » au Louvre ou à Orsay, ça me plairait bien. Pouvoir y aller comme ça pour une heure ou deux, sans me mettre la pression pour tout voir puisque je peux y revenir quand je veux, ça ça doit être top.

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      1. C’est ça : tu n’as pas à te mettre la pression pour en voir beaucoup car tu sais que tu peux revenir aisément. Donc, tu apprécies plus d’une certaine façon, tu es moins « chronométré » dans ta visite.
        Et sinon, j’ai adoré vivre en grande couronne : le rythme était plus léger, et je pouvais profiter d’autres lieux qui sont finalement un peu plus loin de Paris, comme Versailles, St Germain en Laye… En fait, pour moi, je n’habitais plus à Paris, j’y travaillais seulement, tout comme je travaillais à Lyon en habitant Valence.

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  3. En général, je n’aime pas trop les grandes viles. Je suis une amoureuse de la nature alors…

    Paris, j’y ai vécu pendant 2 ans à la fin des années 90. J’y ai même accouché de ma fille. Nous étions là-bas pour le travail de mon conjoint et comme il y a eu de gros ennuis administratifs en lien avec la double citoyenneté du père de ma fille, je n’avais pas le droit de travailler. J’ai arpenté les rues de Paris en long et en large. C’est à mon avis, la meilleure manière de visiter cette ville.

    Paris, comme toutes les villes et villages d’Europe a beaucoup de « vécu » comparativement à nos villes québécoises. Alors ce qui m’interpelle à Paris, c’est cette énergie et ces empreintes laissées par une succession de générations. J’aime particulièrement visiter les cimetières à Paris. On y fait d’étonnantes rencontres hors du temps. J’aimais bien les jours de marché itinérant sous les rails du métro.

    L’énergie créatrice y est particulièrement intense. Cela dit, les gens sont stressés, très difficile de devenir amie avec un ou une parisienne. La bureaucratie est fidèle à ce qu’on en dit dans Les 12 travaux d’Astérix. Je me faisais suivre régulièrement par des hommes, même lorsqu’enceinte jusqu’aux dents. ce qui me faisait un peu paniquer. Au Québec, on ne se fait pas suivre ainsi. J’ai davantage apprécié Paris lorsque j’y suis retournée en touriste.

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    1. Merci pour ce point de vue, Toutarmonie ! C’est vrai que pour nous ici en Europe c’est plutôt « banal », une ville avec du « vécu » (même si certaines ont été entièrement rasées par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et reconstruites après, donc ne sont plus tout à fait « d’origine »).

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  4. En lisant ton article je me pose la question. J’aime Paris mais y vivre me serait difficile pour les raisons que tu évoques. Aucun des arguments que je possède en faveur de cette ville n’est propre à Paris. Du coup, j’imagine que j’aime Paris pour les possibilités qu’elle offre. Mais qui sont communes aux autres villes européennes. La seule différence est qu’en vivant à l’étranger, je suis touchée par l’image que les autres me renvoient de cette ville. Par extrapolation, je me dis que c’est une partie de la culture française qu’ils aiment. Et ca, ca me fait plaisir. J’aime cette jolie vitrine.

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